L’avion de la honte…dernière étape dans la vie d’un-e requérant-e d’asile
Expulsé-es de leur logement, explulsé.e.s du monde du travail, expulsé.e.s des moyens de transport, expulsé.e.s des écoles, expulsé.e.s de la communauté :
les requérant.e.s d’asile débouté.e.s vivent sous la menace ultime : l’expulsion du territoire suisse. Hommes et femmes avec leurs enfants, mineur.e.s seul.e.s, craignent chaque jour les pas de la police qui vient les arrêter. Et la violence répressive de l’Etat s’abat régulièrement tôt le matin, sans avertissement, sans pitié.
Des longs séjours en prison ou un court voyage en fourgon cellulaire les amènent sans la présence d’aucun témoin, dans le secret, vers un avion spécialement affrété pour un retour à la case départ. Lâché-e.s dans un aéroport souvent hostile, plus personne ne se souci de leur sort.
Et pourtant pendant de longues années ils et elles étaient nos voisin.e.s, nos ami.e.s, nos collaborateurs-trices, nos collègues, nos employé.e.s. Ils et elles ont apporté à la Suisse leur différence, leur richesse, leur aide, leur travail.
Expulsé.e.s, ils et elles gardent de la Suisse une blessure qui ne se soigne pas. Et pour celles et ceux qui se sont battu.e.s pour le respect du droit d’asile il reste un sentiment de honte des agissements de nos autorités et la volonté de crier ces injustices devant le mur de l’indifférence et du silence.
Nous accusons nos autorités vaudoises de se plier au diktat de Berne, de se cacher derrière une loi qui a été fabriquée pour faire fonctionner la machine répressive de l’administration et non pour la défense des personnes qui cherchent refuge en Suisse.
Le canton de Vaud ne se sent pas responsable lorsqu’il arrête, emprisonne, menotte et enchaîne des personnes qu’il livre aux bons soins des exécuteurs de l’expulsion, faisant ainsi la richesse des propriétaires de compagnies aériennes comme Swiss ou Hello, mais aussi Securitas.
Nous accusons ces mêmes autorités de ne pas faire leur devoir, de ne pas s’assurer que le départ est possible, licite ou raisonnablement exigible avant d’expulser. Nous les accusons de ne pas faire preuve du courage politique nécessaire pour que le Canton ne soit pas complice de crimes d’expulsions illicites.
Nous demandons l’arrêt immédiat de toute expulsion, la libération immédiate de nos amis actuellement à Frambois, à Berne et la régularisation de toutes ces personnes qui ne demandent qu’une chose : vivre ici parce qu’elles sont d’ici et non plus de là bas.