Noël migrant

Le Monde veut sa fête à chaque fin d’année  
Pourtant cette fois-ci son moral est en berne :
Le marché l’a gavé d’illusions surannées,
Qui font trimer les gens, les spolie et les berne.

L’onéreux spectacle au Village planétaire
Illuminé par mil guirlandes à rallonges  
Épuise, tant et plus, l’énergie de la Terre,
Empoisonne le ciel et aveugle les songes.

Les réfugiés cachés, traqués par l’arbitraire,
Végétant dans la peur, le doute et la souffrance,
Désertent les fêtards et le mouchard qui erre :
Seuls des oisifs nantis mordent aux appâts rances

Ils vont, comme jadis, pourchassés par la haine  
Fuyant du sud au nord et d’est en ouest, déçus,
Las de porter sans fin tout le poids de leur peine…
Et n’ont point d’âne ou bœuf qui leur souffle dessus.

FI














sandro